MANQUE DE CONFIANCE EN SOI : COMPRENDRE CE QUI NOUS FREINE POUR AVANCER AUTREMENT

« Je ne vais pas y arriver. »
« Les autres sont sûrement plus compétents que moi. »
« Et si je me trompe ? »
« Je préfère ne rien dire, je vais avoir l’air ridicule. »
« Ce n’est probablement pas pour moi. »
Le manque de confiance en soi ne se manifeste pas toujours de manière évidente. Il peut se cacher derrière une hésitation, un besoin de tout préparer parfaitement, une difficulté à prendre une décision, une peur excessive du regard des autres ou encore cette petite voix intérieure qui nous pousse régulièrement à douter de nos capacités.
Parfois, nous savons pourtant que nous avons les compétences nécessaires. Nous avons déjà réussi des situations similaires, notre entourage nous encourage et, rationnellement, rien ne justifie vraiment ce doute. Mais au moment d’agir, quelque chose semble nous retenir.
La confiance en soi n’est ni un trait de caractère immuable ni une qualité que certaines personnes posséderaient naturellement tandis que d’autres en seraient dépourvues. Elle se construit progressivement à travers nos expériences, nos apprentissages, nos réussites, nos difficultés et la manière dont nous avons appris à nous percevoir.
Et surtout, elle peut évoluer tout au long de notre vie.
Qu’est-ce que la confiance en soi ?
Avoir confiance en soi ne signifie pas penser que l’on réussira tout ce que l’on entreprend. Cela ne signifie pas non plus ne jamais avoir peur, ne jamais douter ou se sentir capable de tout.
La confiance en soi correspond davantage à la perception que nous avons de notre capacité à faire face à une situation.
Nous pouvons avoir confiance en nous dans certains domaines et beaucoup moins dans d’autres. Une personne peut être parfaitement à l’aise dans son travail et perdre tous ses moyens lorsqu’elle doit parler devant un groupe. Une autre peut avoir confiance dans ses relations sociales mais douter énormément de ses capacités professionnelles.
La confiance varie également selon les périodes de notre vie. Une succession d’échecs, une séparation, un changement professionnel, une maladie, une période de fatigue importante ou une expérience particulièrement déstabilisante peuvent temporairement la fragiliser.
À l’inverse, vivre de nouvelles expériences, développer des compétences et constater que nous sommes capables de traverser certaines difficultés contribue progressivement à la renforcer.
La confiance en soi n’est donc pas quelque chose que l’on « a » ou que l’on « n’a pas ».
Elle se construit.
Confiance en soi et estime de soi : quelle différence ?
Ces deux notions sont souvent utilisées comme des synonymes alors qu’elles ne désignent pas exactement la même chose.
La confiance en soi concerne davantage nos capacités : « Est-ce que je me sens capable de faire cela ? »
L’estime de soi concerne davantage la valeur que nous nous accordons : « Quelle valeur est-ce que je me reconnais en tant que personne ? »
Une personne peut donc avoir confiance dans ses compétences professionnelles tout en ayant une estime d’elle-même fragile. À l’inverse, elle peut avoir une perception globalement positive d’elle-même mais manquer de confiance lorsqu’elle doit réaliser une activité qu’elle maîtrise peu.
Les deux peuvent naturellement s’influencer.
Lorsque chaque erreur devient la preuve que nous « ne sommes pas assez bien », une difficulté ponctuelle ne concerne plus seulement ce que nous avons fait : elle commence à remettre en question la manière dont nous nous percevons.
C’est notamment là que certaines croyances limitantes peuvent entrer en jeu.
Comment la confiance en soi se construit-elle ?
La confiance commence à se développer très tôt à travers les expériences que nous vivons et les interactions avec notre environnement. Lorsque nous essayons quelque chose, rencontrons une difficulté, recommençons puis finissons par y arriver, notre cerveau accumule des expériences qui nous montrent progressivement : « Je peux essayer. » « Je peux apprendre. » « Une erreur ne signifie pas que je suis incapable. »
L'environnement dans lequel nous évoluons peut également influencer cette construction. Les encouragements, la possibilité d’expérimenter, le droit à l’erreur et la reconnaissance de nos efforts peuvent favoriser le développement d’un sentiment de compétence.
À l’inverse, des critiques répétées, des comparaisons fréquentes, certaines humiliations ou des attentes très élevées peuvent participer à la construction d’une perception plus fragile de nos capacités.
Cela ne signifie évidemment pas qu’une expérience vécue dans l’enfance détermine définitivement notre confiance à l’âge adulte. Notre histoire est beaucoup plus complexe et notre cerveau continue d’apprendre tout au long de notre vie.
Mais certaines expériences peuvent laisser des traces dans la manière dont nous abordons les situations nouvelles.
Quand les expériences passées influencent le présent
Imaginez un enfant qui prend la parole devant sa classe et se trompe. Plusieurs camarades rient.
Quelques jours plus tard, il doit recommencer et ressent déjà une certaine appréhension. Si plusieurs expériences similaires se produisent, il peut progressivement associer : prendre la parole = risque d’être jugé.
Des années plus tard, cette personne peut parfaitement savoir qu’une présentation professionnelle ne représente aucun véritable danger. Pourtant, au moment de parler, son cœur accélère, sa respiration change et une pensée apparaît : « Je vais encore perdre mes moyens. »
Comme nous l’avons vu dans l’article consacré au conscient et à l’inconscient, notre cerveau utilise continuellement les expériences passées pour anticiper ce qui pourrait arriver. Nous pouvons donc consciemment penser : « Je sais que je suis capable. » tout en ressentant : « Mais je ne me sens pas capable. » Ce décalage peut être particulièrement frustrant. Et pourtant, il ne signifie pas que nous manquons de volonté.
Les croyances limitantes et la confiance en soi
Le manque de confiance est souvent accompagné de petites phrases intérieures : « Je ne suis pas assez compétent. » « Je dois réussir du premier coup. » « Si je fais une erreur, les autres vont me juger. » « Je n’ai rien d’intéressant à dire. » « Les autres font toujours mieux que moi. »
À force d’être répétées, certaines de ces pensées peuvent devenir tellement familières que nous cessons de les considérer comme des interprétations. Elles deviennent des certitudes. Comme nous l’avons vu dans l’article consacré aux croyances limitantes, notre cerveau peut également avoir tendance à remarquer davantage les expériences qui semblent confirmer ce que nous croyons déjà.
Une personne convaincue de ne pas être suffisamment compétente peut recevoir neuf retours positifs et une critique. Quelle information risque-t-elle de retenir ? La critique. Les neuf compliments deviennent :
« Ils étaient gentils. » La critique devient : « Je le savais. »
Et la croyance ressort renforcée.
Quand le manque de confiance conduit à l’évitement
L’une des conséquences les plus importantes du manque de confiance est parfois ce que nous finissons par ne plus faire ; Nous n’osons pas prendre la parole. Nous ne postulons pas à un emploi qui nous intéresse. Nous ne proposons pas notre idée. Nous repoussons un projet. Nous laissons quelqu’un d’autre décider. Nous n’osons pas poser une limite. Nous évitons une situation dans laquelle nous pourrions échouer.
Sur le moment, l’évitement peut procurer un véritable soulagement : Si je ne fais pas la présentation, je ne risque pas de me tromper. Si je ne candidate pas, je ne risque pas d’être refusé. Si je ne donne pas mon opinion, personne ne peut la critiquer.
Mais il existe un paradoxe : en évitant constamment les situations qui nous font douter, nous nous privons également des expériences qui pourraient progressivement renforcer notre confiance.
Notre cerveau n’a jamais l’occasion d’apprendre : « Finalement, j’en étais capable. »
Le perfectionnisme : parfois une autre forme du manque de confiance
Le manque de confiance ne ressemble pas toujours à quelqu’un qui n’ose rien faire. Il peut aussi se cacher derrière une personne extrêmement exigeante avec elle-même. Tout doit être parfaitement préparé. Chaque détail doit être contrôlé. Une erreur devient difficile à accepter. Un compliment est immédiatement minimisé.
Et même lorsqu’un objectif est atteint, la satisfaction dure peu de temps avant qu’un nouveau standard apparaisse.
Derrière cette recherche de perfection peut parfois se cacher une peur : « Si ce n’est pas parfait, cela signifie que je ne suis pas assez compétent. »
Le problème n’est pas d’aimer faire les choses correctement. La difficulté apparaît lorsque notre sentiment de valeur ou de compétence dépend entièrement du résultat obtenu.
Avoir confiance en soi, c’est aussi progressivement pouvoir penser : « Je peux faire de mon mieux sans devoir être parfaite. »
Pourquoi le stress fait-il parfois disparaître notre confiance ?
Nous pouvons nous sentir parfaitement capables dans une situation calme et perdre soudainement tous nos moyens lorsqu’un enjeu apparaît ; Un examen. Un entretien. Une prise de parole. Une compétition. Une rencontre importante.
Lorsque nous percevons une situation comme menaçante ou particulièrement importante, notre organisme déclenche une réponse de stress. Notre attention peut se focaliser davantage sur les risques et nos sensations corporelles deviennent plus présentes.
Une personne peut alors commencer à surveiller chaque signe : « Mon cœur accélère. » « Je tremble. » « Je vais perdre mes moyens. »
Ces pensées augmentent encore le stress et peuvent donner l’impression que toutes nos compétences ont disparu. Pourtant, elles sont toujours là.
C’est parfois l’accès à nos ressources qui devient momentanément plus difficile sous l’effet du stress.
C’est pourquoi travailler uniquement sur la pensée « je dois avoir confiance en moi » ne suffit pas toujours. Il peut également être intéressant de travailler sur la réaction de stress associée à la situation.
Peut-on réellement développer sa confiance en soi ?
Oui. Mais la confiance ne se construit généralement pas en attendant de se sentir parfaitement prêt. Elle se développe souvent en expérimentant.
Imaginez quelqu’un qui souhaite apprendre à conduire. Il serait difficile qu’il développe une véritable confiance en sa capacité à conduire uniquement en lisant des livres sur le sujet. Il doit progressivement prendre le volant. Au début, avec quelqu’un à côté. Puis dans un environnement calme. Ensuite dans des situations progressivement plus complexes. Chaque expérience permet à son cerveau d'apprendre : « Je peux gérer cela. » Il en va souvent de même pour la confiance en soi.
L’objectif n’est pas nécessairement de réaliser immédiatement ce qui nous effraie le plus, mais de créer progressivement des expériences suffisamment accessibles pour développer de nouveaux repères. Reconnaître ses réussites, accepter l’apprentissage, remettre certaines pensées en perspective, diminuer les comparaisons permanentes et apprendre à tolérer l’erreur peuvent également participer à ce processus.
La confiance ne signifie pas : « Je suis certaine de réussir. »
Elle peut simplement devenir : « Je ne sais pas exactement comment cela va se passer, mais je pense pouvoir y faire face. »
Et cette nuance change beaucoup de choses.
Comment la kinésiologie peut-elle accompagner le manque de confiance en soi ?
Le manque de confiance en soi est une problématique qui peut être abordée en kinésiologie lorsqu’elle est notamment associée à certaines situations génératrices de stress.
Une séance commence par un temps d’échange permettant de comprendre ce que vous vivez et surtout de définir ce que vous souhaiteriez pouvoir vivre différemment. Car travailler sur : « Je veux avoir confiance en moi » reste très général.
Nous pouvons chercher à préciser : Dans quelle situation aimeriez-vous vous sentir davantage capable ? Prendre la parole ? Poser vos limites ? Passer un examen ? Faire un choix ? Commencer un nouveau projet ? Oser vous affirmer ?
Le test musculaire est ensuite utilisé comme outil propre à la pratique de la kinésiologie afin de guider la séance et de sélectionner les techniques adaptées à l’objectif défini ensemble. Le travail peut notamment s’orienter autour du stress associé à la situation, des émotions présentes, de certaines croyances ou des ressources que la personne souhaite développer.
L’objectif n’est pas de transformer quelqu’un en une personne qui ne doute jamais.
Le doute fait partie de notre fonctionnement et peut parfois même nous permettre de réfléchir et de nous adapter.
Il s’agit davantage d’accompagner la personne afin que la peur de ne pas être capable ne décide plus systématiquement à sa place.
La kinésiologie reste une approche complémentaire. Lorsqu’un manque d’estime de soi ou de confiance s’accompagne d’une souffrance psychologique importante, d’une anxiété marquée ou d’autres difficultés de santé mentale, l’accompagnement d’un professionnel qualifié reste essentiel.
En conclusion
La confiance en soi ne signifie pas avancer dans la vie sans peur, sans hésitation et sans jamais remettre ses choix en question. Elle signifie plutôt apprendre progressivement à reconnaître que nous possédons des ressources pour faire face aux situations que nous rencontrons.
Notre confiance peut être influencée par notre histoire, nos expériences, certaines croyances, le regard que nous portons sur nous-mêmes et notre niveau de stress. Mais aucun de ces éléments ne la condamne à rester telle qu’elle est aujourd’hui.
Chaque nouvelle expérience peut devenir une occasion d’apprendre quelque chose de différent sur nous-mêmes.
Parfois, la première étape n’est même pas de se dire : « J’ai confiance en moi. » Elle consiste simplement à remplacer : « Je n’y arriverai pas. » par : « Et si j’essayais ? »
Parce que la confiance arrive rarement avant le premier pas.
Très souvent, elle se construit grâce à tous ceux que nous faisons ensuite.
Le regard de votre kinésiologue ;
Lorsque quelqu’un me parle d’un manque de confiance en soi, je trouve important de ne pas s’arrêter à cette phrase. Parce que derrière « je manque de confiance », il existe souvent une situation beaucoup plus précise.
Parfois, la personne se sent capable dans presque tous les domaines de sa vie, mais perd ses moyens lorsqu’elle doit s’affirmer. Chez une autre, le doute apparaît lorsqu’elle se sent observée ou évaluée. Chez une troisième, c’est la peur de faire une erreur qui l’empêche d’avancer.
C’est cette singularité qui m’intéresse.
Mon rôle n’est pas de vous convaincre que vous êtes capable ni de vous répéter que vous devez simplement croire davantage en vous. Je préfère comprendre avec vous ce qui se passe au moment précis où cette confiance disparaît : le stress qui apparaît, les émotions présentes, les pensées qui surgissent et les ressources dont vous auriez besoin pour vivre la situation autrement.
Parce que développer sa confiance en soi ne signifie pas devenir une personne qui n’a plus peur. C’est parfois simplement apprendre que nous pouvons avoir peur, douter… et malgré tout nous autoriser à avancer.
Prenez soin de vous, naturellement.
Au plaisir de vous accompagner sur votre chemin vers un meilleur équilibre.
Aurélie Monney
Thérapeute en Kinésiologie





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