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LES CROYANCES LIMITANTES : CES PETITES PHRASES QUI NOUS EMPECHENT PARFOIS D'AVANCER

31 août
9 min de lecture


« Je ne suis pas capable. »

« Je n’y arriverai jamais. »

« Je ne suis pas assez bien. »

« Je dois être parfaite. »

« Je n’ai pas le droit de décevoir. »


Ces phrases peuvent sembler anodines. Pourtant, lorsqu’elles se répètent suffisamment souvent, elles peuvent progressivement influencer la manière dont nous nous percevons, les décisions que nous prenons et parfois même ce que nous nous autorisons à essayer.


Nous avons tous des croyances sur nous-mêmes, sur les autres et sur le monde qui nous entoure. Certaines nous soutiennent et nous permettent d’avancer. D’autres peuvent, au contraire, devenir de véritables freins.


Le plus étonnant est que nous n’avons pas toujours conscience de leur présence. Une croyance peut être tellement familière que nous ne la considérons plus comme une pensée ou une interprétation, mais simplement comme une évidence.


« C’est comme ça, je suis comme ça. »


Et si certaines de ces certitudes n’étaient finalement que des conclusions construites au fil de notre histoire ?


Qu’est-ce qu’une croyance ?

Une croyance est une conviction que nous considérons comme vraie. Elle peut concerner notre personnalité, nos capacités, nos relations, le travail, l’argent, la réussite, l’amour ou encore la manière dont nous pensons devoir nous comporter.


Certaines croyances sont positives :

  • « Je suis capable d’apprendre. »

  • « J’ai le droit de me tromper. »

  • « Je peux demander de l’aide. »

Elles constituent alors des repères qui peuvent soutenir notre confiance et notre capacité à agir.


D’autres deviennent davantage limitantes :

  • « Je ne suis pas assez intelligente. »

  • « Je dois toujours être forte. »

  • « Si je dis non, on ne m’aimera plus. »

  • « Je ne mérite pas de réussir. »

On parle alors couramment de croyances limitantes, car elles peuvent influencer nos choix ou nos comportements d’une manière qui ne correspond plus nécessairement à nos besoins actuels.


Le problème n’est pas simplement d’avoir une pensée négative de temps en temps. Nous en avons tous.

Une croyance devient particulièrement importante lorsqu’elle agit comme une sorte de filtre à travers lequel nous interprétons ce que nous vivons.


Comment se construisent nos croyances ?

Nous ne naissons pas avec l’idée que nous sommes « mauvais en mathématiques », « trop sensibles » ou « incapables de parler devant les autres ». Ces représentations se construisent progressivement.


Notre enfance et notre adolescence constituent naturellement des périodes importantes d’apprentissage. Nous observons nos parents, nos enseignants, nos camarades et notre environnement.


Nous écoutons ce que l’on nous dit et tirons progressivement des conclusions de nos expériences. Un enfant qui entend régulièrement : « Fais attention, tu es maladroit ! » peut progressivement intégrer l’idée : « Je suis maladroit. » Un enfant particulièrement valorisé lorsqu’il obtient d’excellents résultats peut, dans certaines circonstances, développer l’idée : « Pour être apprécié, je dois réussir. » Une personne ayant vécu plusieurs expériences de rejet peut finir par penser : « Si je montre vraiment qui je suis, les autres vont partir. »


Cela ne signifie évidemment pas qu’une phrase entendue pendant l’enfance détermine toute notre vie. La construction de nos croyances est beaucoup plus complexe et dépend de nombreux facteurs : nos expériences répétées, notre tempérament, notre environnement, nos relations et la signification que nous avons donnée aux événements.


Et certaines croyances peuvent également apparaître bien plus tard, à la suite d’expériences professionnelles, relationnelles ou personnelles.


Quand une expérience devient une généralité

Notre cerveau possède une capacité formidable : il apprend de nos expériences.


Si vous touchez une plaque brûlante, vous n’avez pas besoin de recommencer dix fois pour comprendre qu’il vaut mieux éviter de poser votre main dessus. Cette capacité à tirer des conclusions est essentielle.


Mais lorsqu’il s’agit de situations humaines et émotionnelles, les conclusions que nous tirons peuvent parfois devenir beaucoup plus générales que l’expérience initiale. Imaginez une personne qui échoue à un examen important.


Elle pourrait conclure : « Je n’ai pas suffisamment préparé cet examen. » Mais elle pourrait également penser : « Je suis nulle. »


La première conclusion concerne une situation. La seconde concerne son identité. Et c’est là que la différence devient importante.


Si cette croyance s’installe, la personne peut commencer à aborder les situations suivantes avec moins de confiance, davantage de stress et la peur de confirmer ce qu’elle pense déjà d’elle-même.


Quand nos croyances influencent ce que nous voyons

Lorsque nous sommes convaincus de quelque chose, nous avons naturellement tendance à remarquer davantage les informations qui semblent confirmer cette conviction.


Prenons une personne qui pense : « Je ne suis pas à la hauteur. » Elle reçoit dix compliments sur son travail et une remarque négative. Le soir, quelle remarque risque-t-elle de repasser en boucle dans sa tête ? Très souvent, celle qui correspond déjà à ce qu’elle pense d’elle-même. Les compliments peuvent être minimisés : « Ils disent ça pour être gentils. » Alors que la critique devient immédiatement : « Je le savais. Je ne suis vraiment pas assez compétente. » La croyance semble alors se confirmer.


C’est l’un des mécanismes qui peuvent rendre certaines croyances particulièrement résistantes : nous interprétons parfois les nouvelles expériences à travers ce que nous croyons déjà.


Ces petites phrases qui peuvent influencer notre quotidien

Les croyances limitantes peuvent concerner de nombreux domaines de notre vie.

Dans la confiance en soi :

  • « Je ne suis pas assez bien. »

  • « Les autres sont meilleurs que moi. »

  • « Je vais forcément échouer. »


Dans les relations :

  • « Je dois faire plaisir aux autres pour être aimée. »

  • « Si je pose mes limites, je vais décevoir. »

  • « Je dois éviter les conflits à tout prix. »


Dans le travail :

  • « Je dois tout faire parfaitement. »

  • « Je dois prouver ma valeur. »

  • « Je n’ai pas le droit de faire une erreur. »


Ou encore dans notre rapport à nous-mêmes :

  • « Je dois toujours être forte. »

  • « Prendre du temps pour moi est égoïste. »

  • « Je dois tout gérer seule. »


Ces phrases peuvent sembler très différentes, mais elles ont un point commun : lorsqu’elles deviennent rigides, elles peuvent progressivement réduire le nombre de possibilités que nous nous autorisons.


Croyances limitantes et comportements : un cercle qui peut s’entretenir

Une croyance ne reste pas nécessairement une simple pensée. Elle peut influencer notre comportement.


Imaginons une personne persuadée : « Je ne suis pas capable de parler devant un groupe. » Avant une présentation, cette croyance augmente son stress. Elle surveille davantage ses sensations corporelles, imagine qu’elle va perdre ses moyens et prépare mentalement tous les scénarios possibles. Le jour de la présentation, son niveau de stress est très élevé. Sa voix tremble légèrement et elle cherche ses mots. Elle en conclut : « Tu vois, je le savais. Je suis incapable de parler devant les autres. » La croyance initiale ressort renforcée. À l’inverse, elle pourrait progressivement apprendre à interpréter cette même expérience autrement : « J’étais stressée, mais j’ai réussi à aller jusqu’au bout. »


La situation n’a pas changé.

Mais la manière dont elle est intégrée est très différente.


Pourquoi est-il si difficile de simplement “penser positif” ?

Lorsqu’une personne manque de confiance en elle, on lui conseille parfois : « Mais arrête de penser comme ça ! » ou : « Dis-toi simplement que tu es capable. »


Malheureusement, notre cerveau ne fonctionne pas tout à fait ainsi.


Une croyance construite au fil de plusieurs années ne disparaît généralement pas parce que nous avons décidé un matin de la remplacer par son contraire. Se répéter « je suis extraordinaire » lorsque nous sommes profondément convaincus du contraire peut même sembler complètement artificiel. Le changement passe davantage par la prise de conscience, le questionnement et surtout par de nouvelles expériences. Au lieu de passer brutalement de : « Je suis incapable. » à : « Je peux absolument tout réussir. »


une première étape beaucoup plus réaliste pourrait être : « Peut-être que je ne suis pas incapable. Peut-être que certaines situations me demandent simplement davantage de ressources. »


Petit à petit, notre manière de nous percevoir peut évoluer.


Quel est le lien avec le conscient et l’inconscient ?

Comme nous l’avons vu dans l’article consacré au conscient et à l’inconscient, une partie de notre fonctionnement repose sur des processus automatiques.


Nous pouvons consciemment vouloir quelque chose tout en constatant que certaines réactions semblent aller dans la direction opposée.


« Je veux changer de travail, mais je n’ose pas. »

« Je veux poser mes limites, mais je culpabilise immédiatement. »

« Je veux avoir confiance en moi, mais je doute constamment. »


Dans certaines situations, des croyances peuvent participer à ce décalage. La personne veut consciemment avancer, mais certaines pensées automatiques viennent immédiatement rappeler les risques : « Et si tu échoues ? », « Et si les autres te jugent ? », « Et si tu regrettes ? ».


Il ne s’agit pas nécessairement d’un inconscient qui chercherait à nous saboter. Bien souvent, notre cerveau utilise simplement ce qu’il a appris jusqu’à présent pour anticiper ce qui pourrait arriver.


Peut-on se libérer d’une croyance limitante ?

Une croyance n’est pas une condamnation définitive.


Notre cerveau continue d’apprendre tout au long de notre vie. De nouvelles expériences peuvent progressivement modifier certaines associations et la manière dont nous nous percevons. La première étape consiste souvent à identifier la croyance. Puis à la questionner :

  • Est-ce toujours vrai ?

  • Dans quelles situations cette croyance apparaît-elle ?

  • Existe-t-il des expériences qui montrent le contraire ?

  • Cette manière de penser me protège-t-elle encore aujourd’hui ou me limite-t-elle davantage qu’elle ne m’aide ?


Le but n’est pas de nier nos difficultés ni de remplacer chaque pensée négative par une pensée artificiellement positive. Il s’agit plutôt de retrouver davantage de souplesse. Passer de : « Je dois absolument réussir. » à : « J’aimerais réussir, mais j’ai le droit d’apprendre et de me tromper. » Ou de : « Je dois tout gérer seule. » à : « Je suis capable de faire beaucoup de choses, mais j’ai également le droit de demander de l’aide. »


Ce changement peut sembler subtil, mais il ouvre déjà beaucoup plus de possibilités.


Comment la kinésiologie peut-elle accompagner ce travail ?

Les croyances et les pensées limitantes peuvent faire partie des éléments rencontrés lors d’un accompagnement en kinésiologie, notamment lorsqu’elles sont associées à une situation qui génère du stress.


La séance commence toujours par un temps d’échange permettant de comprendre ce que vous vivez et ce que vous souhaitez pouvoir vivre différemment. Parfois, une phrase apparaît naturellement : « Je sais que je devrais être capable, mais je ne me sens jamais à la hauteur. » ou : « Dès que je veux dire non, j’ai peur de décevoir. »


Le test musculaire peut ensuite être utilisé comme outil propre à la kinésiologie pour guider la séance et sélectionner les techniques adaptées à l’objectif défini ensemble. Le travail peut notamment s’orienter autour du stress associé à certaines situations, des émotions présentes, de la manière dont la personne se perçoit ou des ressources qu’elle souhaite développer.


L’objectif n’est pas de supprimer une pensée comme on effacerait une ligne sur une feuille.


Il s’agit plutôt d’accompagner la personne afin qu’elle puisse progressivement envisager d’autres possibilités que celles dictées par ses automatismes habituels.


La kinésiologie est une approche complémentaire. Lorsqu’une faible estime de soi, des pensées négatives ou certaines croyances s’inscrivent dans une souffrance psychologique importante, un accompagnement par un professionnel de la santé mentale reste essentiel.


En conclusion

Nos croyances font partie de la manière dont nous construisons notre compréhension du monde et de nous-mêmes. Elles se développent progressivement à partir de nos expériences, de nos apprentissages et de notre environnement. Certaines nous donnent confiance, nous soutiennent et nous permettent d’avancer. D’autres peuvent, avec le temps, devenir trop rigides et commencer à limiter nos choix. Le plus difficile est que nous ne les reconnaissons pas toujours comme des croyances. Nous pensons simplement : « C’est moi. », « J’ai toujours été comme ça. », « Je ne peux pas faire autrement. »


Pourtant, une croyance n’est pas nécessairement une vérité. Prendre conscience de ces petites phrases, apprendre à les questionner et vivre progressivement de nouvelles expériences peut permettre de construire une représentation de soi plus souple et plus adaptée à la personne que nous sommes aujourd’hui.


Il ne s’agit pas de devenir quelqu’un d’autre.


Il s’agit parfois simplement de cesser de laisser une ancienne conclusion décider de ce dont nous sommes capables aujourd’hui.



Le regard de votre kinésiologue ;

Il y a une phrase que j’entends régulièrement en séance : « Je sais que ce n’est pas logique… mais c’est plus fort que moi. »


Et c’est justement à cet endroit que je trouve le travail particulièrement intéressant.


Derrière certaines difficultés, nous pouvons parfois retrouver une manière de penser qui s’est tellement installée qu’elle semble faire partie de notre identité : devoir être parfaite, ne pas avoir le droit de décevoir, ne pas se sentir suffisamment capable ou encore penser qu’il faut toujours tout gérer seule.


Mon rôle n’est pas de vous dire que cette croyance est « mauvaise », ni de chercher à la supprimer à tout prix. Je préfère comprendre avec vous ce qu’elle représente, dans quelles situations elle apparaît et surtout si elle correspond encore à la personne que vous êtes aujourd’hui.


La kinésiologie permet alors d’accompagner le stress et les émotions associés à ces situations et de remettre progressivement du mouvement là où certaines réactions semblaient devenues automatiques.

Parce qu’une petite phrase répétée pendant des années peut finir par ressembler à une vérité.


Mais ce que nous avons appris à croire sur nous-mêmes ne définit pas nécessairement tout ce que nous pouvons devenir.



Prenez soin de vous, naturellement.


Au plaisir de vous accompagner sur votre chemin vers un meilleur équilibre.


Aurélie Monney

Thérapeute en Kinésiologie



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