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CONSCIENT ET INCONSCIENT : COMPRENDRE CE QUI INFLUENCE NOS REACTIONS ET LA PLACE DE LA KINESIOLOGIE

21 août
8 min de lecture


Pourquoi répétons-nous parfois certains comportements alors même que nous savons qu’ils ne nous conviennent plus ? Pourquoi une situation apparemment anodine peut-elle provoquer une émotion très intense ? Pourquoi pouvons-nous nous dire rationnellement « il n’y a aucune raison d’avoir peur » tout en sentant notre cœur accélérer et notre corps se tendre ?


Nous aimons penser que nos décisions et nos réactions sont entièrement guidées par notre volonté. Pourtant, une grande partie de notre fonctionnement repose sur des processus automatiques qui se déroulent sans que nous ayons besoin d’y penser consciemment.


Notre cerveau apprend continuellement à partir de ce que nous vivons. Il mémorise, crée des associations, développe des habitudes et automatise certains comportements afin de nous permettre de fonctionner sans devoir analyser chaque situation depuis le début.


C’est dans cet espace entre ce que nous choisissons consciemment et ce qui se produit de manière plus automatique que la distinction entre conscient et inconscient devient particulièrement intéressante.


Et c’est également l’une des dimensions que nous pouvons rencontrer en kinésiologie lorsque nous cherchons à comprendre pourquoi certaines réactions semblent parfois plus fortes que notre volonté.


Le conscient : la partie de nous qui analyse et décide

Le conscient correspond, de manière simplifiée, à ce dont nous avons connaissance à un instant donné : nos pensées, nos perceptions, certaines émotions, nos intentions et les décisions que nous prenons volontairement.


Lorsque vous lisez cet article, réfléchissez à votre prochaine journée ou choisissez ce que vous allez manger ce soir, vous mobilisez différents processus conscients.


Cette capacité nous permet notamment de réfléchir, de raisonner, de planifier, de prendre des décisions et de modifier volontairement certains comportements. Nous pouvons par exemple décider :

« À partir de maintenant, je vais davantage prendre soin de moi. »

« Je ne veux plus avoir peur de prendre la parole devant les autres. »

« Je vais arrêter de toujours vouloir tout contrôler. »

« Je sais que je suis capable de réussir. »


Et pourtant, malgré toute notre bonne volonté, il arrive que notre réaction réelle ne corresponde pas à cette décision. Nous savons que nous sommes capables… mais nous doutons. Nous voulons dire non… mais nous disons oui. Nous savons qu’une situation n’est pas dangereuse… mais notre corps se met malgré tout en état d’alerte.


Pourquoi ?


Parce que notre fonctionnement ne dépend pas uniquement de ce dont nous avons consciemment connaissance.



L’inconscient : tout ce qui fonctionne sans notre attention consciente

Le terme « inconscient » peut désigner différentes choses selon que l’on parle de psychologie, de psychanalyse ou de neurosciences. Dans le cadre de cet article, je l’utilise au sens large pour parler des processus qui influencent notre fonctionnement sans être constamment accessibles à notre conscience.


Notre cerveau gère en permanence une quantité considérable d’informations. Heureusement, nous n’avons pas besoin de penser consciemment à chacune d’entre elles. Lorsque vous apprenez à conduire, par exemple, chaque geste demande énormément d’attention : regarder dans les rétroviseurs, gérer les pédales, changer de vitesse, observer la route… Quelques années plus tard, une grande partie de ces gestes est devenue automatique. Il en va de même pour de nombreux apprentissages, habitudes et réactions.


Notre cerveau cherche constamment à économiser ses ressources en automatisant ce qu’il connaît déjà. Cette capacité est extrêmement utile. Sans elle, nous devrions réapprendre chaque matin comment marcher, écrire ou nous brosser les dents.


Mais nos automatismes ne concernent pas uniquement les gestes. Nos expériences peuvent également participer à la construction d’associations, d’attentes et de réactions émotionnelles qui influenceront ensuite notre manière d'appréhender certaines situations.


Comment notre histoire influence-t-elle nos réactions ?

Depuis notre enfance, notre cerveau apprend en permanence. Il apprend à partir de nos expériences, mais également de notre environnement, de nos relations et des conséquences de nos comportements.


Imaginez, par exemple, un enfant qui prend régulièrement la parole et qui est plusieurs fois moqué devant ses camarades. Avec le temps, son cerveau peut associer « parler devant les autres » à une expérience désagréable.


Des années plus tard, cette personne sait parfaitement qu’une présentation professionnelle ne représente aucun danger. Pourtant, lorsqu’elle doit parler devant un groupe, son rythme cardiaque accélère, sa respiration change et une forte appréhension apparaît.

Consciemment : « Je sais que tout va bien. »

Mais automatiquement, l’organisme réagit : « Cette situation ressemble à quelque chose qui a déjà été difficile. Restons vigilants. »


Il ne s’agit pas nécessairement d’un souvenir caché qu’il faudrait absolument retrouver. Nos réactions actuelles peuvent être influencées par de nombreux mécanismes : apprentissage, conditionnement, habitudes, contexte, attentes ou expériences antérieures.


Et surtout, nous n’avons pas toujours conscience de l’origine exacte de nos réactions.


Pourquoi répétons-nous parfois les mêmes schémas ?

Nous pouvons également développer au fil du temps des façons habituelles de réagir :

  • Éviter les conflits.

  • Vouloir tout contrôler.

  • Chercher constamment l’approbation des autres.

  • Se mettre énormément de pression.

  • Repousser certaines situations par peur d’échouer.

  • Avoir du mal à poser ses limites.


Ces comportements peuvent avoir été utiles à un moment donné. Ils ont parfois permis de s’adapter à un environnement ou de diminuer momentanément une émotion désagréable. Mais un mécanisme qui nous a aidés autrefois n’est pas nécessairement celui dont nous avons besoin aujourd’hui.


C’est là qu’un décalage peut apparaître entre notre volonté consciente et certains automatismes. Nous pouvons vouloir changer, tout en constatant que certaines réactions reviennent malgré nous.


Ce n’est pas simplement une question de volonté.


Changer un automatisme demande souvent de nouvelles expériences, de nouveaux apprentissages et du temps.


Quel rôle joue le stress dans nos réactions automatiques ?

Le stress rend ce phénomène particulièrement visible. Lorsque notre cerveau interprète une situation comme menaçante, notre système nerveux peut déclencher rapidement une réaction d’adaptation avant même que nous ayons eu le temps d’analyser longuement ce qui se passe. Le cœur peut accélérer, les muscles se tendre, la respiration changer et notre attention se focaliser davantage sur les éléments perçus comme menaçants.


Dans certaines situations très stressantes, nous pouvons également avoir l'impression de ne plus parvenir à réfléchir aussi clairement que d'habitude. C’est une expérience que beaucoup de personnes connaissent : « Je savais parfaitement quoi dire, mais devant tout le monde, j’ai complètement perdu mes moyens. »


Notre réaction émotionnelle et physiologique a momentanément pris une place importante dans notre fonctionnement.


C’est également pour cette raison qu’il ne suffit pas toujours de se répéter « calme-toi » ou « arrête d’y penser » pour que la réaction disparaisse.


Le corps et le cerveau sont déjà engagés dans une réponse de stress.


Les croyances : quand une pensée devient une évidence

Nos expériences participent également à la construction de croyances sur nous-mêmes, les autres et le monde qui nous entoure.

Certaines sont positives et nous soutiennent :

  • « Je peux apprendre. »

  • « J’ai le droit d’essayer. »


D’autres peuvent progressivement devenir limitantes :

  • « Je ne suis pas assez capable. »

  • « Je dois être parfaite pour être appréciée. »

  • « Je vais forcément échouer. »

  • « Je dois tout gérer seule. »

  • « Je ne mérite pas de réussir. »


Ces phrases ne sont pas nécessairement présentes consciemment dans notre esprit toute la journée. Pourtant, certaines croyances peuvent influencer notre manière d’interpréter une situation et les comportements que nous adoptons. Une personne convaincue qu’elle n’est « pas à la hauteur » peut par exemple interpréter une petite erreur comme la confirmation de cette croyance, alors qu’elle minimisera beaucoup plus facilement ses réussites.


Prendre conscience de ces mécanismes peut permettre progressivement de les questionner et de développer une manière différente de se percevoir.


Peut-on modifier nos automatismes ?

Oui, et c’est l’une des capacités les plus fascinantes de notre cerveau. Notre cerveau n’est pas figé.


Tout au long de notre vie, nos expériences et nos apprentissages peuvent modifier son fonctionnement. C’est ce que l’on appelle notamment la neuroplasticité. Cela ne signifie pas qu’il suffit de penser positivement pour effacer une expérience difficile ou modifier instantanément un comportement installé depuis des années.


Mais nous pouvons apprendre de nouvelles manières de réagir.


Une personne qui évite systématiquement certaines situations peut progressivement expérimenter qu’elle possède désormais d’autres ressources. Une personne qui se dévalorise constamment peut apprendre à identifier ses pensées automatiques et à développer un regard plus nuancé sur elle-même.

Changer ne signifie donc pas effacer son passé.


Il s’agit davantage de permettre à notre cerveau d’intégrer de nouvelles expériences et de développer de nouvelles possibilités de réponse.


Quelle place pour la kinésiologie ?

En kinésiologie, nous rencontrons fréquemment ce décalage entre ce qu’une personne souhaite consciemment et les réactions qui apparaissent malgré elle.


Une personne peut par exemple venir avec l'objectif :

  • « Je voudrais réussir à prendre la parole sans perdre tous mes moyens. »

  • « Je veux réussir à poser mes limites sans culpabiliser. »

  • « Je voudrais arrêter de me mettre autant de pression. »

  • « Je sais que j’en suis capable, mais quelque chose me bloque. »


La séance commence par un temps d’échange permettant de comprendre la situation et de définir un objectif. Le test musculaire est ensuite utilisé comme outil propre à la pratique de la kinésiologie pour guider l’accompagnement et sélectionner les techniques utilisées pendant la séance.


Selon l’approche et les besoins de la personne, le travail peut notamment s’orienter autour du stress associé à une situation, des émotions ressenties, de certaines croyances ou des ressources que la personne souhaite développer.


Il est parfois courant d’entendre que « le test musculaire permet d’interroger directement l’inconscient » ou que « le corps possède toutes les réponses ».


Ces formulations peuvent être parlantes pour expliquer la philosophie de certaines approches de kinésiologie, mais elles ne doivent pas être comprises comme des faits scientifiques démontrés. Je préfère considérer le test musculaire comme un outil qui accompagne et structure la séance, tout en conservant une place essentielle à l’échange, au ressenti de la personne et à son objectif.


Conscient et inconscient : deux ennemis qui s’opposent

Pas du tout. Notre fonctionnement conscient et nos processus automatiques ne sont pas deux personnages qui se battent à l’intérieur de nous.


Ils travaillent constamment ensemble.


Nos automatismes nous permettent de fonctionner rapidement et efficacement. Notre conscience nous permet notamment de prendre du recul, d'analyser certaines situations et de faire de nouveaux choix. La difficulté apparaît surtout lorsqu’une réaction automatique qui a peut-être été adaptée dans un contexte passé ne correspond plus à nos besoins actuels.


L’objectif n’est donc pas de « combattre son inconscient ».


Il s’agit plutôt de mieux comprendre certains mécanismes, d'identifier ce qui nous limite aujourd'hui et de créer progressivement de nouvelles façons de réagir. Et parfois, comprendre que notre réaction possède une histoire ou une logique suffit déjà à porter un regard différent sur soi.



En conclusion

Nous sommes bien plus que les pensées dont nous avons conscience.


Chaque jour, notre cerveau utilise des automatismes, des apprentissages et des associations construits au fil de nos expériences afin de nous permettre de nous adapter rapidement à notre environnement. La plupart du temps, ces mécanismes sont extrêmement utiles. Mais certaines réactions peuvent parfois continuer à se manifester alors qu’elles ne correspondent plus à la personne que nous sommes aujourd’hui ou à la manière dont nous aimerions vivre certaines situations.


C’est alors que peut apparaître ce sentiment si particulier : « Je sais ce que je veux… mais quelque chose en moi réagit autrement. »


Comprendre ce décalage permet de sortir d’une vision basée uniquement sur la volonté. Nous ne choisissons pas toujours l’apparition d’une émotion, d’une pensée automatique ou d’une réaction de stress.


En revanche, nous pouvons progressivement apprendre à mieux les comprendre et développer de nouvelles ressources.


Changer ne signifie pas effacer ce que nous avons vécu.


Cela signifie parfois simplement permettre à notre présent de ne plus être entièrement guidé par les automatismes construits hier.



Le regard de votre kinésiologue ;

C’est probablement l’un des aspects de la kinésiologie qui me passionne le plus : constater à quel point nous pouvons parfois savoir exactement ce que nous voulons consciemment, tout en ressentant quelque chose de complètement différent à l’intérieur de nous.


Ces réactions ne sont pas forcément là pour nous empêcher d’avancer. Certaines se sont construites au fil de notre histoire et ont pu représenter, à un moment donné, une manière de nous adapter ou de nous protéger.


Lors d’une séance, mon objectif n’est donc pas de partir à la recherche d’un souvenir à tout prix ni de vous expliquer ce que votre inconscient « voudrait vous dire ».


Je préfère partir de ce que vous vivez aujourd’hui : la situation qui vous met en difficulté, les émotions qu’elle provoque, ce que vous aimeriez pouvoir vivre différemment et les ressources dont vous disposez déjà.


La kinésiologie devient alors un accompagnement permettant de travailler autour de ce décalage entre « je sais », « je veux » et parfois « pourtant, je n’y arrive pas », toujours dans le respect de votre rythme et de votre histoire.


Parce que prendre conscience de nos automatismes, c’est déjà commencer à nous offrir la possibilité d’en construire de nouveaux.



Prenez soin de vous, naturellement.


Au plaisir de vous accompagner sur votre chemin vers un meilleur équilibre.


Aurélie Monney

Thérapeute en Kinésiologie



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