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GESTION DES EMOTIONS : MIEUX LES COMPRENDRE POUR RETROUVER SON EQUILIBRE

3 sept.
9 min de lecture

Dernière mise à jour : 6 sept.


Joie, peur, colère, tristesse, surprise, frustration, culpabilité… Nos émotions nous accompagnent tout au long de notre vie. Certaines sont agréables et faciles à accueillir. D’autres peuvent être beaucoup plus inconfortables, au point que nous aimerions parfois pouvoir simplement les faire disparaître.


Nous avons d’ailleurs souvent appris à les contrôler : « Ne pleure pas », « Calme-toi », « Ce n’est pas grave », « Il ne faut pas avoir peur », « Arrête de t’énerver ». Avec le temps, nous pouvons finir par considérer certaines émotions comme négatives, excessives ou même inappropriées.


Pourtant, une émotion n’apparaît pas sans raison. Elle constitue avant tout une réponse de notre organisme à ce que nous vivons, percevons ou interprétons. Elle nous renseigne sur notre environnement, nos besoins, nos limites et parfois sur ce qui compte profondément pour nous.


L’objectif n’est donc pas de ne plus ressentir de colère, de peur ou de tristesse. Une bonne gestion émotionnelle consiste davantage à reconnaître ce qui se passe en nous, comprendre notre réaction et retrouver progressivement la capacité de choisir comment y répondre.


Car ressentir une émotion et être submergé par elle sont deux choses différentes.


À quoi servent nos émotions ?

Les émotions font partie de nos mécanismes d’adaptation. Elles permettent à notre cerveau et à notre corps de réagir rapidement à une situation et nous préparent à adopter un comportement.


La peur, par exemple, augmente notre vigilance lorsqu’une situation semble menaçante. La colère peut apparaître lorsque nous percevons une injustice, une frustration ou le franchissement d’une limite. La tristesse accompagne souvent une perte, une déception ou un changement important et peut nous amener à ralentir et à rechercher du soutien. La joie, quant à elle, favorise notamment les comportements que notre cerveau associe à des expériences positives et renforce les liens sociaux.


Il est donc réducteur de classer nos émotions entre les « bonnes » et les « mauvaises ». Nous pouvons plutôt parler d’émotions agréables ou désagréables à ressentir. Une émotion inconfortable n’est pas nécessairement inutile ou mauvaise.


La colère n’est pas le problème en elle-même. Ce que nous faisons sous l’effet de cette colère peut, en revanche, avoir des conséquences. La peur n’est pas non plus un signe de faiblesse. Elle peut être une réaction parfaitement adaptée face à une situation dangereuse.


Comprendre cette distinction permet déjà de changer notre rapport à nos émotions : au lieu de chercher immédiatement à les faire disparaître, nous pouvons commencer par nous demander ce qu’elles signalent.



Que se passe-t-il dans notre cerveau lorsque nous ressentons une émotion ?

Une émotion n’existe pas uniquement dans notre pensée. Elle implique simultanément différentes régions du cerveau, notre système nerveux et de nombreuses réactions corporelles.


Notre cerveau analyse constamment les informations provenant de notre environnement et de notre corps. Certaines structures, dont l’amygdale, participent notamment à l’évaluation rapide de la pertinence émotionnelle d’une situation. D’autres régions cérébrales interviennent dans la mémoire, l’interprétation de ce que nous vivons et la régulation de nos réponses. Le cortex préfrontal joue notamment un rôle important dans notre capacité à prendre du recul, à contextualiser une situation et à réguler certains comportements. C’est ce qui nous permet, par exemple, de ressentir une forte colère envers quelqu’un sans nécessairement agir immédiatement sous son influence.


Lorsqu’une émotion est particulièrement intense ou qu’une situation est vécue comme très menaçante, cette capacité de recul peut cependant devenir momentanément plus difficile. Notre organisme mobilise alors davantage ses mécanismes automatiques d’adaptation.


Nous pouvons avoir l’impression que l’émotion prend toute la place.


Et le corps participe pleinement à cette expérience.


Pourquoi ressentons-nous les émotions dans notre corps ?

Nous disons souvent :

  • « J’ai la boule au ventre. »

  • « J’ai la gorge nouée. »

  • « Je sens la pression monter. »

  • « J’ai le cœur lourd. »

  • « J’en ai plein le dos. »


Même si certaines de ces expressions sont imagées, elles illustrent une réalité importante : nos émotions s’accompagnent fréquemment de sensations corporelles. Lorsque nous avons peur, notre cœur peut accélérer, notre respiration changer et nos muscles se tendre. Lorsque nous sommes en colère, nous pouvons sentir une augmentation de la tension corporelle ou une sensation de chaleur. La tristesse peut s’accompagner d’une sensation de lourdeur, d’une baisse d’énergie ou d’une envie de pleurer. Ces manifestations s’expliquent notamment par les interactions constantes entre le cerveau, le système nerveux autonome et le reste de l’organisme.


C’est aussi pourquoi il peut parfois être difficile de mettre immédiatement des mots sur ce que nous ressentons. Le corps peut réagir avant que nous ayons clairement identifié l’émotion.


Apprendre à observer ces sensations sans immédiatement les juger peut donc devenir une manière intéressante de mieux reconnaître notre état émotionnel.


Pourquoi certaines émotions semblent-elles disproportionnées ?

Vous avez peut-être déjà vécu cette situation : un événement relativement banal déclenche soudainement une réaction beaucoup plus intense que vous ne l’auriez imaginé ;

  • Une remarque vous met profondément en colère.

  • Un changement de programme vous bouleverse.

  • Une critique vous atteint pendant plusieurs jours.

  • Ou une situation pourtant sans danger particulier provoque une forte appréhension.


Nous pouvons alors nous demander : « Pourquoi est-ce que je réagis comme ça ? »


Une émotion n’est pas uniquement liée à l’événement qui se produit. Elle dépend également de la manière dont notre cerveau interprète cet événement. Notre histoire, nos expériences antérieures, nos apprentissages, notre état de fatigue, notre niveau de stress et nos attentes peuvent tous influencer cette interprétation. Une même remarque peut ainsi être perçue comme anodine par une personne et comme une profonde remise en question par une autre. Et notre état général joue également un rôle considérable. Lorsque nous sommes reposés et disponibles, nous pouvons parfois gérer facilement une contrariété. Après plusieurs semaines de stress, de manque de sommeil et de surcharge mentale, cette même contrariété peut devenir la goutte d’eau qui fait déborder le vase.


La réaction visible appartient au présent, mais elle s’inscrit toujours dans un contexte beaucoup plus large.


Gérer ses émotions ne signifie pas les contrôler

Lorsque nous parlons de « gestion des émotions », le terme peut laisser penser qu’il faudrait parvenir à maîtriser parfaitement ce que nous ressentons. Mais nous ne choisissons pas toujours l’apparition d’une émotion.


Nous pouvons difficilement décider : « À partir de maintenant, je ne serai plus jamais triste. » ou : « Je ne ressentirai plus aucune peur. »


La régulation émotionnelle consiste plutôt à développer la capacité de reconnaître l’émotion, à en tolérer la présence et à choisir progressivement une réponse adaptée à la situation.


Prenons la colère : La supprimer complètement n’est pas nécessairement souhaitable. Elle peut nous signaler qu’une limite a été dépassée. En revanche, nous pouvons apprendre à reconnaître les premiers signes de cette colère, à comprendre ce qui nous touche et à exprimer notre limite autrement que par une réaction impulsive.


Il existe donc une différence importante entre ressentir, exprimer et agir.


Une émotion est une expérience intérieure. Elle ne nous oblige pas automatiquement à adopter un comportement particulier.


Que se passe-t-il lorsque nous retenons constamment nos émotions ?

Nous pouvons parfois avoir appris qu’il vaut mieux ne rien montrer.

Continuer.

Prendre sur soi.

Ne pas déranger.

Rester fort.


Cela peut être utile ponctuellement. Nous ne pouvons évidemment pas toujours nous arrêter au milieu d’une journée pour analyser chacune de nos émotions. La difficulté apparaît davantage lorsque cette stratégie devient systématique.


Ignorer constamment ce que nous ressentons ne signifie pas nécessairement que l’émotion a été régulée. Elle peut continuer à influencer notre niveau de tension, nos pensées ou nos comportements. Certaines personnes finissent ainsi par ne plus très bien savoir ce qu’elles ressentent. Elles savent simplement qu’elles sont fatiguées, irritables ou qu’elles ont besoin de s’isoler.


D’autres accumulent pendant longtemps puis ont soudainement une réaction très intense : « Pourtant, ce n’était qu’un détail… »


Oui.


Mais ce détail arrivait peut-être après cinquante autres.


La gestion émotionnelle consiste donc aussi à apprendre à reconnaître les signaux suffisamment tôt, avant d’atteindre notre limite.


Quand nos pensées alimentent nos émotions

Nos émotions et nos pensées s’influencent continuellement.


Imaginez que vous envoyiez un message important à quelqu’un et que la personne ne vous réponde pas. Un premier scénario pourrait être : « Elle doit être occupée. » Votre état émotionnel reste relativement neutre.


Mais votre cerveau pourrait également penser : « J’ai sûrement dit quelque chose de mal. » Puis : « Elle m’en veut. » Et finalement : « J’aurais mieux fait de ne rien envoyer. »


La situation extérieure n’a pas changé : vous n’avez toujours pas reçu de réponse.


Pourtant, votre expérience émotionnelle peut devenir complètement différente selon l’interprétation que vous donnez à la situation.


C’est ici que nous retrouvons certains mécanismes évoqués dans les articles consacrés au conscient et à l’inconscient et aux croyances limitantes. Nos expériences passées et certaines croyances peuvent influencer la manière dont nous interprétons ce que nous vivons aujourd’hui.


Mieux gérer ses émotions implique donc parfois de s’intéresser non seulement à ce que nous ressentons, mais également à l’histoire que notre cerveau raconte autour de la situation.


Peut-on apprendre à mieux réguler ses émotions ?

Oui. La régulation émotionnelle n’est pas une capacité figée. Elle peut évoluer avec nos expériences, notre environnement et les outils que nous développons.


La première étape consiste souvent simplement à identifier ce qui se passe : « Je suis en colère. »

Puis, éventuellement : « Je suis en colère parce que je me suis sentie ignorée. »

Et ensuite : « De quoi ai-je besoin maintenant ? »


Mettre des mots sur une émotion peut déjà permettre de prendre un peu de distance avec elle.


D’autres ressources peuvent également être utiles : ralentir sa respiration, bouger, marcher, dormir suffisamment, prendre momentanément de la distance avec une situation ou échanger avec une personne de confiance. Le but n’est pas d'utiliser une technique pour faire disparaître immédiatement l’émotion.


Il s’agit plutôt de créer suffisamment d’espace entre ce que je ressens et ce que je décide d’en faire.


Lorsque les émotions sont particulièrement intenses, persistantes ou qu’elles entraînent une souffrance importante, l’accompagnement d’un professionnel de la santé mentale peut naturellement être nécessaire.


Comment la kinésiologie peut-elle accompagner la gestion des émotions ?

La gestion émotionnelle constitue l’un des domaines dans lesquels la kinésiologie peut être utilisée comme approche complémentaire.


Une séance commence par un temps d’échange afin de comprendre ce que vous vivez et de définir ce que vous souhaitez pouvoir vivre différemment. Il peut s’agir d’une colère qui revient systématiquement dans certaines situations, d’une difficulté à poser ses limites, d’une émotion difficile à comprendre, d’une peur face à un événement particulier ou encore d’une tendance à se sentir rapidement submergé.


Le test musculaire est ensuite utilisé comme outil propre à la pratique de la kinésiologie afin de guider la séance et de sélectionner les techniques adaptées à l’objectif défini ensemble.


Le travail peut notamment s’orienter autour du stress associé à la situation, des émotions présentes, de certains automatismes ou des ressources dont la personne a besoin pour retrouver davantage d’équilibre.


L’objectif n’est pas d’effacer une émotion ni de devenir constamment calme et positif.


Il s’agit davantage de permettre à la personne de ne plus subir certaines réactions avec la même intensité, de mieux comprendre son fonctionnement et de retrouver davantage de possibilités face à une situation.


La kinésiologie ne remplace pas une prise en charge médicale ou psychologique. Lorsque les émotions deviennent envahissantes, provoquent une souffrance importante ou s’inscrivent dans une problématique de santé mentale, il est essentiel de consulter un professionnel qualifié.


En conclusion

Nos émotions ne sont pas nos ennemies. Même lorsqu’elles sont inconfortables, elles participent à notre manière de comprendre et de nous adapter à ce que nous vivons.


La peur peut nous protéger. La colère peut nous signaler qu’une limite a été franchie. La tristesse peut accompagner une perte ou un changement important. Et la joie nous rappelle aussi ce qui nous nourrit et nous fait du bien.


La difficulté apparaît lorsque certaines émotions deviennent tellement intenses qu’elles prennent toute la place, lorsque nous ne comprenons plus ce qui les déclenche ou lorsque nos réactions automatiques ne correspondent plus à la manière dont nous aimerions vivre la situation.


Apprendre à gérer ses émotions ne signifie donc pas apprendre à ne plus rien ressentir. Au contraire. C’est apprendre progressivement à écouter ce qui se passe en nous sans nécessairement en devenir prisonnier.


Parce que nos émotions peuvent nous transmettre des informations précieuses, à condition de leur laisser une place qui nous permette encore de choisir ce que nous souhaitons en faire.




Le regard de votre kinésiologue ;

Il arrive régulièrement qu’une personne me dise en séance : « Je sais que je réagis trop fort, mais sur le moment, je n’arrive pas à faire autrement. »


Et je trouve cette phrase particulièrement intéressante, parce qu’elle montre parfaitement le décalage qui peut exister entre ce que nous comprenons rationnellement et ce que nous ressentons réellement.


Mon rôle n’est pas de vous apprendre à supprimer une émotion ou de vous dire que vous ne devriez pas ressentir de colère, de peur ou de tristesse.


Je préfère chercher avec vous à comprendre ce qui se passe lorsque cette émotion apparaît : dans quelles situations elle se manifeste, ce qu’elle provoque dans votre corps, les pensées qui l’accompagnent et les ressources qui pourraient vous permettre de vivre cette situation différemment.


Parce qu’une émotion n’est pas un défaut à corriger.


Elle fait partie de votre fonctionnement et de votre histoire. Et parfois, apprendre à mieux l’écouter permet justement de ne plus avoir besoin qu’elle s’exprime aussi fortement pour être entendue.



Prenez soin de vous, naturellement.


Au plaisir de vous accompagner sur votre chemin vers un meilleur équilibre.


Aurélie Monney

Thérapeute en Kinésiologie



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