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ANXIETE : COMPRENDRE CE QUI SE PASSE DANS VOTRE CORPS ET VOTRE ESPRIT

17 août
8 min de lecture

Dernière mise à jour : 19 août


L’esprit qui anticipe sans cesse, cette sensation que quelque chose pourrait mal se passer, le cœur qui s’accélère, le ventre qui se noue ou encore cette difficulté à véritablement relâcher la pression… L’anxiété peut prendre de nombreuses formes et ne se manifeste pas de la même manière chez tout le monde.


Elle peut apparaître ponctuellement, avant un événement important, une prise de décision ou une période de changement. Mais elle peut également devenir plus présente, jusqu’à occuper une place importante dans le quotidien.


Parfois, nous savons exactement ce qui nous inquiète. D’autres fois, c’est plus difficile à expliquer : tout semble aller relativement bien et pourtant, une sensation d’inquiétude persiste.


Comprendre ce qu’est l’anxiété, pourquoi notre cerveau peut déclencher ces réactions et ce qui se passe dans notre corps permet déjà de porter un autre regard sur ce que nous ressentons.


Qu’est-ce que l’anxiété ?

L’anxiété est une réaction humaine normale. Elle correspond à un état d’inquiétude ou d’appréhension face à une situation que nous percevons comme incertaine, difficile ou potentiellement menaçante. À petite dose, elle peut même être utile. Elle nous pousse à anticiper, à nous préparer et à être davantage attentifs à notre environnement. Avant un examen, par exemple, une certaine anxiété peut nous inciter à réviser et à nous organiser.


Elle devient davantage problématique lorsque l’inquiétude prend une place disproportionnée par rapport à la situation, lorsqu’elle apparaît très fréquemment ou lorsqu’elle commence à limiter certaines activités du quotidien.


Une personne peut alors savoir rationnellement qu’il n’y a probablement pas de danger immédiat et malgré tout ressentir une véritable réaction physique et émotionnelle. Et c’est justement parce que l’anxiété ne se situe pas uniquement « dans la tête ».


Stress et anxiété : quelle différence ?

Stress et anxiété sont étroitement liés et leurs manifestations peuvent se ressembler, mais ils ne désignent pas exactement la même chose.


Le stress apparaît généralement en réponse à une situation identifiable : une surcharge professionnelle, un conflit, un examen, des difficultés financières ou une période particulièrement intense. Lorsque la situation disparaît et que l’organisme dispose de suffisamment de temps pour récupérer, la réaction de stress diminue généralement progressivement.


L’anxiété est davantage tournée vers l’anticipation. Le cerveau imagine ce qui pourrait arriver et tente de nous préparer à une menace qui n’est pas nécessairement présente à cet instant.


« Et si je n’y arrive pas ? »

« Et si quelque chose se passe mal ? »

« Et si je fais une erreur ? »

« Et si cette sensation revient ? »


Le problème est que notre organisme peut réagir à cette anticipation presque comme s’il devait faire face à la situation maintenant. C’est ainsi qu’une pensée peut parfois suffire à provoquer une accélération du rythme cardiaque, une tension musculaire ou une sensation de boule dans le ventre.


Que se passe-t-il dans notre cerveau lorsque nous sommes anxieux ?

Notre cerveau possède des mécanismes extrêmement efficaces pour détecter ce qui pourrait représenter une menace.


L’amygdale participe notamment au traitement des informations émotionnelles et à la détection des dangers. Lorsqu’une situation est interprétée comme menaçante, différentes régions cérébrales et le système nerveux autonome participent à la mise en place d’une réponse adaptée.


Le système nerveux sympathique peut alors être davantage mobilisé. Le rythme cardiaque augmente, la respiration peut devenir plus rapide, les muscles se tendent et l’attention se focalise sur ce qui pourrait représenter un danger.


Ce mécanisme est précieux lorsqu’un danger réel se présente.


Mais dans l’anxiété, cette alarme peut parfois se déclencher face à une anticipation, un souvenir, une sensation corporelle ou une situation que le cerveau a progressivement associée à quelque chose de menaçant.


Le cortex préfrontal, impliqué notamment dans le raisonnement, la prise de décision et la régulation émotionnelle, participe lui aussi à notre manière d’évaluer la situation. C’est notamment ce qui explique que nous puissions parfois savoir intellectuellement qu’une situation n’est pas dangereuse tout en continuant à ressentir une réaction anxieuse.


Notre raisonnement dit : « Tout va bien. »

Notre système d’alerte répond : « Je préfère quand même rester vigilant. »


Pourquoi l’anxiété provoque-t-elle autant de sensations physiques ?


Parce que le cerveau et le corps fonctionnent ensemble.


Lorsque notre système d’alerte s’active, l’organisme se prépare à réagir. C’est pourquoi l’anxiété peut être accompagnée de manifestations très concrètes : palpitations, respiration plus courte, transpiration, tremblements, tensions musculaires, sensation d’oppression, inconfort digestif, boule dans la gorge, vertiges ou encore fatigue.


Certaines personnes ressentent principalement leur anxiété à travers leurs pensées. Chez d’autres, ce sont les manifestations physiques qui sont les plus présentes. Ces sensations peuvent elles-mêmes devenir inquiétantes. Une personne ressent son cœur s’accélérer, s’en inquiète, surveille davantage son rythme cardiaque et augmente ainsi encore son niveau d’alerte.


Un véritable cercle peut alors se mettre en place.


Il est cependant important de rappeler que ces manifestations ne sont pas spécifiques à l’anxiété et peuvent avoir d’autres causes. Toute apparition inhabituelle, importante ou persistante de symptômes physiques nécessite un avis médical.


Le cercle de l’anxiété

L’un des mécanismes les plus intéressants à comprendre est la manière dont l’anxiété peut progressivement s’entretenir elle-même.


Imaginons une personne qui doit prendre la parole devant plusieurs personnes. Elle anticipe la situation et pense : « Je vais perdre mes moyens. » Cette pensée augmente son anxiété. Son cœur accélère, ses mains deviennent moites et elle ressent une tension dans son ventre. Elle remarque alors ces sensations et se dit : « Ça commence, je vais vraiment perdre mes moyens. » Son cerveau interprète cette pensée comme une confirmation du danger et augmente encore sa vigilance.


Après une expérience difficile, elle peut commencer à éviter certaines situations similaires. Cet évitement procure un soulagement immédiat, mais peut également renforcer l’idée que la situation était effectivement dangereuse.


Petit à petit, le champ des situations considérées comme menaçantes peut s’élargir.


Cela ne signifie pas que toutes les formes d’anxiété fonctionnent exactement de cette manière, mais cet exemple montre à quel point pensées, émotions, sensations corporelles et comportements peuvent s’influencer mutuellement.


Pourquoi certaines personnes sont-elles plus anxieuses que d’autres ?

Il n’existe pas une seule cause à l’anxiété.


Notre tempérament, nos expériences de vie, notre environnement, notre état de fatigue, notre santé, les événements que nous traversons et notre manière d’interpréter certaines situations peuvent tous influencer notre niveau d’anxiété.


Le manque de sommeil peut par exemple rendre certaines personnes plus sensibles au stress. Une période d’incertitude prolongée peut augmenter notre vigilance. Une expérience difficile peut également modifier notre manière d’appréhender une situation similaire à l’avenir.


Notre cerveau apprend constamment à partir de nos expériences. Certaines associations peuvent donc progressivement devenir automatiques.


C’est aussi pourquoi deux personnes confrontées au même événement peuvent le vivre de manière complètement différente.


L’objectif n’est pas de chercher à savoir qui « devrait » ou « ne devrait pas » être anxieux, mais de comprendre ce qui se passe chez la personne et quelles ressources peuvent l’aider.


Quand l’anxiété commence à prendre trop de place

Ressentir de l’anxiété ponctuellement est normal. Elle mérite davantage d’attention lorsqu’elle devient fréquente, particulièrement intense ou qu’elle commence à modifier notre quotidien. Cela peut se manifester par des inquiétudes difficiles à contrôler, une tendance à anticiper constamment le pire, des difficultés à se détendre, un sommeil perturbé, une fatigue importante, une irritabilité ou encore des difficultés de concentration.


Certaines personnes commencent également à éviter certaines situations : transports, lieux très fréquentés, événements sociaux, prises de parole ou situations dans lesquelles elles craignent de ressentir à nouveau de l’anxiété.


Lorsque l’anxiété provoque une souffrance importante ou limite la vie quotidienne, il est important d’en parler à un médecin ou à un professionnel de la santé mentale. Les troubles anxieux sont des problématiques de santé reconnues pour lesquelles il existe des prises en charge validées.


Peut-on apprendre à mieux réguler son anxiété ?

L’objectif n’est pas nécessairement de ne plus jamais ressentir d’anxiété. Comme le stress, elle fait partie de nos mécanismes d’adaptation. Il s’agit davantage d’apprendre progressivement à reconnaître ce qui se passe, à diminuer l’intensité de certaines réactions et à développer davantage de ressources face aux situations qui nous mettent en difficulté.


Le sommeil, l’activité physique, les moments de récupération et la réduction de certaines sollicitations peuvent participer à notre équilibre général. Les exercices respiratoires peuvent également être intéressants : ralentir volontairement sa respiration, notamment avec une expiration douce et prolongée, peut contribuer à favoriser un état physiologique plus calme.


Il peut également être utile d’observer ses pensées sans chercher systématiquement à les combattre. Une pensée anxieuse n’est pas nécessairement une prédiction de ce qui va réellement arriver.


Et lorsque l’anxiété devient envahissante, demander de l’aide constitue une véritable démarche de prévention.


Comment la kinésiologie peut-elle accompagner l’anxiété ?

La kinésiologie peut s’inscrire comme une approche complémentaire dans un travail autour du stress et de la gestion émotionnelle.


Lors d’une séance, nous commençons par échanger sur ce que vous vivez et sur la situation que vous souhaitez travailler. Il peut s’agir, par exemple, d’une situation précise qui génère beaucoup d’appréhension, d’une difficulté à lâcher prise ou d’un stress récurrent dans certaines circonstances. Le test musculaire est ensuite utilisé comme outil propre à la pratique de la kinésiologie afin de guider la séance et de sélectionner les techniques adaptées à l’objectif défini ensemble. Selon les besoins, différentes techniques peuvent être utilisées autour de la gestion du stress, des émotions, du mouvement, de la respiration ou de l’équilibrage énergétique.


L’objectif n’est pas de poser un diagnostic ni de « traiter un trouble anxieux », mais d’accompagner la personne dans sa manière de vivre certaines situations, de travailler autour des facteurs de stress associés et de l’aider à mobiliser ses propres ressources.


Lorsque l’anxiété est importante, persistante ou qu’elle limite fortement le quotidien, la kinésiologie intervient en complément et non à la place d’une prise en charge médicale ou psychothérapeutique.


En conclusion

L’anxiété est avant tout un mécanisme de protection. Notre cerveau tente d’anticiper ce qui pourrait représenter un danger afin de nous permettre de nous y préparer.


Mais lorsque cette anticipation devient permanente, le système d’alerte peut finir par occuper une place disproportionnée. Les pensées alimentent les sensations corporelles, les sensations renforcent parfois les inquiétudes et certaines situations commencent progressivement à être évitées.


Comprendre ces mécanismes permet déjà de changer le regard que nous portons sur nos réactions.


Il ne s’agit pas de lutter contre chaque émotion ni de chercher à contrôler toutes nos pensées, mais progressivement d’apprendre à reconnaître ce qui déclenche notre système d’alerte, à retrouver des ressources et à permettre à notre organisme de revenir vers davantage de sécurité et d’équilibre.


Et surtout, lorsque l’anxiété devient trop présente, il n’est pas nécessaire d’attendre qu’elle prenne toute la place pour demander de l’aide.



Le regard de votre kinésiologue ;

L’anxiété peut être particulièrement déstabilisante parce qu’elle crée parfois un décalage entre ce que nous savons et ce que nous ressentons. Nous pouvons savoir qu’une situation ne représente pas réellement un danger et pourtant sentir notre cœur accélérer, notre corps se tendre ou notre esprit imaginer tous les scénarios possibles.


Dans ma pratique, je m’intéresse justement à votre manière personnelle de vivre ces situations. Qu’est-ce qui déclenche cette réaction ? Comment se manifeste-t-elle chez vous ? Quelles émotions l’accompagnent et quelles ressources pouvons-nous mobiliser pour vous permettre de vivre la situation différemment ?


Chaque personne possède son histoire et ses propres mécanismes d’adaptation. C’est pourquoi l’accompagnement ne peut pas être identique pour tout le monde.


Mon rôle est de vous offrir un espace d’écoute et de vous accompagner avec bienveillance dans ce travail, tout en respectant la place essentielle des professionnels médicaux et psychologiques lorsque la situation le nécessite.


Parce que mieux comprendre ce qui se passe en soi permet parfois déjà de commencer à ne plus subir ses réactions de la même manière.



Prenez soin de vous, naturellement.


Au plaisir de vous accompagner sur votre chemin vers un meilleur équilibre.


Aurélie Monney

Thérapeute en Kinésiologie



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